APPRENDRE A DEBATTRE ET ARGUMENTER EN CLASSE

5 EXERCICES

 

 

vraaggesprek-werkt-empowerend    

EXERCICE DE DEBAT

 

  1. Le professeur montre 5 dilemmes sur l’écran. Les élèves lisent les dilemmes. Un dilemme est choisi par un vote à la majorité des voix. Le professeur demande si tout le monde est d’accord avec ce choix.
  2. En groupes de 3 : les élèves sont invités à formuler autant d’arguments que possible avec un minimum de 3 arguments pour chaque alternative du dilemme (arguments « pour » – arguments « contre »).
  3. Le professeur invite les élèves à venir au tableau et à écrire les arguments dans des phrases complètes. Le tableau est divisé en deux : les arguments « pour » à gauche du tableau, les arguments « contre » à droite.
  4. Le professeur demande aux élèves si tout est lisible et clair. On évite à ce moment de l’exercice de débattre, il s’agit seulement de clarifier les arguments proposés.
  5. Le professeur demande si lorsque des arguments sont formulés différemment au tableau ce sont, malgré tout, les mêmes. Il souligne une proposition d’un élève et demande si la classe est d’accord avec le fait de la considérer comme étant équivalente à une autre. Si des élèves considèrent que certaines propositions ne sont pas les mêmes, ils sont priés d’argumenter pourquoi. Cet exercice continue jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne qui pense qu’il y a plusieurs fois le même argument au tableau.
  6. On forme de nouveaux groupes de 3 ou de 4 personnes. Cette fois-ci la tâche est d’étudier ensemble la qualité des arguments. Plus spécifiquement, le professeur
  7. Demande de choisir les deux meilleurs arguments et d’expliquer pourquoi ce sont les meilleurs. Ensuite, les groupes doivent choisir les deux plus mauvais arguments et expliquer ce choix. Les élèves prennent note de leur choix.

A partir de ce moment, on peut travailler de différentes façons :
a) Si on attache plus d’importance à l’étude des arguments, on peut demander aux élèves ce qu’ils ont noté. On met les meilleurs arguments au tableau côté gauche, les plus mauvais côté droit. Après, on discute ensemble les raisons (le pourquoi) pour lesquelles les élèves ont fait tel ou tel choix.
b) Si on veut entrer dans le contenu du débat, on peut organiser un débat « classique » avec des variables selon la situation, le groupe.

Par exemple : chaque groupe est invité à préparer deux minutes de présentation. Durant ces deux minutes, ils doivent défendre leur choix et argumenter ceux-ci en utilisant les meilleurs arguments (pour ou contre). On peut aussi utiliser des mauvais arguments, pour encore mieux montrer son point de vue. Si l’introduction au rhétorique fait partie du cours (p.ex. dans les cours de Français), le prof peut aussi demander aux

élèves de structurer leur présentation de façon classique :

  •   introduction dans laquelle vous « éveillez» le public.
  •   présentation de la position choisie.
  •   argumentation (de préférence 3 arguments avec le plus fort à la fin – ou 2arguments et un exemple de la vie quotidienne qui souligne le point de vue) .
  •   une fin dans laquelle on ‘touche’ le cœur du public.Avant de présenter son point de vue aux autres, chaque groupe d’élèves peut choisir une personne qui va poser au maximum trois questions après la présentation. Le but de ces questions est de faire réfléchir ou de faire douter l’autre.On termine l’exercice par un débat commun en classe pendant lequel les élèves sont priés de répéter les différents points de vue sur le dilemme.
EXERCICE: CHOISIR UNE QUESTION ENSEMBLE

 

  1. Le professeur note sur le tableau les critères d’une bonne question :
    •   Elle doit être formulée de façon aussi courte que possible.
    •   Elle doit être claire et compréhensible hors du contexte d’une expérience ou d’uncas concret. Par ex., non pas : « Pourquoi mon chat Martin n’aime-t-il pas laviande? » mais « Est-ce que les chats choisissent ce qu’ils mangent? »
    •   Il doit y avoir la possibilité d’avoir différentes réponses. La question ne doit pasêtre une question qu’on peut résoudre par seule une réponse. Par ex. non pas : « Qu’est-ce que l’amitié selon toi? » (ici il n’y a qu’une réponse, ce qu’est l’amitié selon un élève. Un autre élève ne peut pas dire « je ne suis pas d’accord »). Une meilleure question serait : « Qu’est-ce que l’amitié? »
  2. De préférence, le professeur ne formule pas lui-même la question à débattre. En effet,

K. Van Rossem – exercices débat et dialogue – pg. 2

quand ce sont les élèves eux-mêmes qui choisissent leur question, on est alors plus assuré sur le fait qu’ils vont être intéressés par l’exercice, le débat.

3. Il y a beaucoup de manières d’organiser ce choix :

  •   Le professeur propose un exercice ou un jeu (comme décrit dans plusieursmanuels sur la philo avec enfants) qui suscite la curiosité ou la « perplexité ». Après le jeu, tout le monde est invité à noter une question sur le tableau. Puis la majorité décide quelle question choisir.
  •   On peut aussi commencer par une histoire, un texte, un poème (de préférence écrit par un élève).
  •   On peut donner une liste de questions et demander aux élèves répartis en petits groupes d’en choisir une.
EXERCICE DE DIALOGUE STYLE COPI

 

  1. Le groupe choisit s’entend pour choisir une question (voir 2).
  2. Le groupe se met en cercle. Le premier élève qui veut répond à la question.
  3. Tous ceux qui veulent contribuer à la discussion ne peuvent utiliser que la même« forme » d’intervention :
    – Je suis d’accord avec X quand il dit Y parce que Z.
    – Je ne suis pas d’accord avec X quand il dit Y parce que Z.

4. L’animateur n’intervient pas sur le contenu du dialogue. Son rôle est de contrôler si tous les participants continuent d’utiliser la même formulation. Parfois, il peut aussi inviter un élève silencieux à contribuer

EXERCICE DE DIALOGUE STYLE SOCRATIQUE

 

  1. Le groupe choisit une question (voir 2) ou le professeur propose une question pour le groupe (qui correspond aux mêmes critères). Par exemple : « Quand est-il permit de mentir? »
  2. L’animateur invite tout le monde à réagir d’abord théoriquement à cette question. Tout est permis. Le but est de donner l’occasion aux élèves de se manifester.
  3. Après, en groupes de trois, les élèves sont invités à formuler : (ce point 3 n’est pas clair)
    •   1 expérience vécue par l’élève même. (Pas une histoire que quelqu’und’autre a vécue)
    •   Il y a un moment dans cette histoire où il se passe quelque chose que tupeux reformuler avec les mots utilisés dans la question (p.ex. « « Quand il me dit X, je crois ce qu’il me dit » – quand la question est : « Quand crois- tu ce que quelqu’un te dit ? »)
    •   L’élève a un avis à ce qui se passe dans ce moment-là.
  4. L’animateur invite les élèves à raconter brièvement leurs histoires et contrôle si les exemples donnés sont formulés selon les critères : s’il y a un moment précis, si l’élève a un jugement qui peut servir comme réponse à l a question etc.

K. Van Rossem – exercices débat et dialogue – pg. 3

  1. L’élève dont on a choisi l’histoire raconte encore son expérience, cette fois-ci plus en détail. Les autres élèves lui posent des questions pour mieux voir ce qui se passe dans l’histoire.
  2. L’animateur note sur le tableau :
    • –  Une phrase narrative qui touche le moment spécifique.
    • –  Une phrase avec la formulation de la réponse et les arguments que l’élève prendpour son compte, p.ex. « Quand Jonathan m’a dit dit X, j’ai eu confiance en lui parceque Y »
  3. Par groupe de 3 : les élèves sont invités à faire la même chose : échanger leurs opinionssur ce qui se passe au moment précisé par le narrateur. Ici il est question de prendre position : Est-ce qu’ils prennent la même position? Si oui, pour quelles raisons? Si non, pour quelles raisons?
  4. Ensuite, toutes les positions sont communiquées au groupe. L’animateur prend soin d’exposer toutes les différentes nuances exprimées. Puis, les élèves sont invités à questionner de façon critique ce que les autres ont dit. L’animateur continue à poser des questions afin que les principaux mouvements socratiques soient exécutés (positionner, Enfin, le dialogue est évalué, d’abord par écrit, puis oralement :
    • –  Quelles compétences (attitudes et habiletés) avez-vous pu exercer ?
    • –  Est-ce que l’avis que vous aviez formulé sur la question (dans 2 : discussion) a changédurant le dialogue ?
EXERCICE DE QUESTIONNEMENT

 

  1. Tous les élèves écrivent une allégation sur une feuille. Le sujet n’est pas important mais il est important qu’il s’agisse d’une allégation dont ils sont réellement convaincus. Le groupe se divise en 2 cercles. Le cercle à l’intérieur se met dos contre dos. Ce sont les répondeurs. En face, il y a un autre élève dans le cercle à l’extérieur. Ce sont les questionneurs. En fonction du temps disponible, il est possible de faire des groupes 4-4 ou 5-5 etc.
  2. Chaque questionneur a comme tâche de faire réfléchir un autre élève sur ce qu’il a écrit et sur ce qu’il dit, en ne lui posant que des questions. Il est interdit de se mêler du contenu même de l’allégation, même si (et surtout si) on est d’accord avec l’autre. La seule tâche est de faire réfléchir l’autre. Le répondeur doit répondre honnêtement à toutes les questions. Pour chaque couple, il y a 5 minutes de questionnement. Après 5 minutes, la conversation est évaluée. Le répondeur donne un chiffre sur 10 sur la capacité de l’autre à le faire réfléchir.
  3. Après 5 minutes, une cloche sonne et le cercle « extérieur » change de position suivant les aiguilles d’une montre. L’exercice se répète. Afin de pouvoir comparer les différents questionneurs, les élèves positionnés dans le cercle intérieur ne peuvent pas changer leur allégation.
  4. Après avoir fait le tour, il y a une évaluation plénière en classe :
    • –  Quel élève vous a fait réfléchir le plus ? Avec quelle question ?
    • –  Qu’est-ce qui a été difficile ? Quel moment vous a frappé ?

5. Si le groupe en a encore envie, les positions changent et les répondeurs deviennent questionneurs et vice versa.

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